• Céline MyParistourguide

Les origines du monde, l'invention de la nature au 19e siècle.


Le point départ de l’exposition nous rappelle qu’à l’origine était la vision biblique de la nature et des espèces, c’est Adam qui fut le premier à côtoyer les espèces animales et Noé à les recenser.


Les premiers ouvrages de zoologie apparaissent à la Renaissance. Et avec eux les premières gravures d’animaux extraordinaires tel le célébrissime Rhinocéros de Durer.


On voit naitre le cabinet de curiosité et les cabinets d’histoire naturelle ; On passe lentement de l’observation à la collection, l’approche devient alors plus studieuse. Les voyages et explorations ont fait affluer au fil des siècles un grand nombre d’animaux vivants ou empaillés, de pierres précieuses, et d’artefacts gardés comme des trésors !





Au 19e siècle, en 1802 apparait le mot Biologie, qui sera suivi du mot géologie et anthropologie. L’Homme veut apprendre et comprendre le monde qui l’entoure. La science a pris le pas sur la religion.

C’est à la même époque que l’égyptologie se développe. La découverte des civilisations anciennes, des nouvelles espèces, la déchristianisation, la découverte des fossiles…

Cette effervescence crée une obsession pour la compréhension des origines de l’homme et de son habitat.


De grands noms s’illustrent, le plus connu d’entre eux est Darwin (1809-1882). Illustre voyageur ayant passé 5 ans en Patagonie, il écrit l’Origine des espèces, balayant l’origine biblique de l’Homme au profit d’une théorie évolutionniste. L’Homme est un animal issu de l’évolution.


La recherche des ancêtres devient cruciale, mais aussi la place de la mère, de la femme et de son sexe, prépondérante, c’est elle qui donne naissance et assure la survie de l’espèce. Sa place au sein du foyer s’en voit transformée !



Scénographie : L'origine du monde et coquillage


La mère c’est aussi la Terre, on la croyait vieille de quelques milliers d’années, la géologie aidant à en comprendre les mécanismes, elle devient la millénaire Terre des Hommes. Aussi belle que cruelle, donnant la vie, elle aussi et la reprenant. La peinture de paysage prend alors une profondeur nouvelle, « le sublime », la beauté absolue émanant d’un danger et de la confrontation avec l’immense. L’Homme, habitant la Terre pour un moment éphémère.



William Turner


Le parcours dans l’exposition nous invite à découvrir plusieurs thèmes en lien avec la question.


Les ménageries, crées pour les rois, les savants, et les collectionneurs. Permettant d’admirer le beau de la création, dans un jardin, tel le jardin d’Eden reconstitué.

Découvrir et apprendre !


Mais aussi garder une trace en dessinant, peignant les animaux les plus célèbres telle Clara, le rhinocéros de Louis 15 ou Zaraffa, la girafe.


Le 19e voit naitre à partir de ces ménageries propriétés d’élites, des parcs zoologiques qui sont eux ouverts à tous, le grand public peut alors se confronter lui aussi à la nature et découvrir des animaux, plantes, et habitants du monde marin.

L’expansion coloniale des pays d’Europe développant un commerce lucratif autour du vivant. Et Faisant fi du nombre conséquent d’animaux ne survivant pas au voyage ou à l’enfermement. L’industrialisation pousse les dirigeants à récréer des espaces « naturels » dans les grandes villes. La nature est alors mise en scène telle un paradis accessible à tous. Les grands parcs vous invitent au voyage et l’on découvre les charmes des chalets de montagne en plein Paris aux buttes Chaumont.

Les artistes se mêlent aux visiteurs dans les zoos et les animaux sauvages, si possible féroces ou extraordinaires, envahissent la sculpture et la peinture. On s’amuse à les imaginer avec fougue et force, luttant entre eux. La vision réelle du pauvre fauve en cage est souvent bien plus triste…


Aucun milieu ne se voit épargné, l’exposition universelle de 1867 fait vibrer ses visiteurs avec d’immenses aquariums et un tête à tête avec un poulpe géant ! Le monstre de 20 000 lieus sous les mers nait dans l’esprit de Jules Verne deux ans après.


La seconde partie du siècle voit cette dérive aller jusqu’à l’ouverture de jardins d’acclimatation, où des hommes et femmes du monde entier se verront mis en cage, tels des animaux pour le bon plaisir et la curiosité de la « bonne » société parisienne.


Nous découvrons aussi au fil du parcours la naissance de la Préhistoire, dont le terme apparait en 1834, les fossiles sortis de terre à cette époque et tout au long du siècle ouvrent un océan de nouvelles connaissances.

L’homme de Neandertal découvert à Düsseldorf en 1856 laisse imaginer la vie des premiers hommes, toujours peints ou sculptés selon le prisme du 19e siècle.



Paul Richer, premier artiste


Une belle thématique est à admirer avec les singes présents dans l’exposition !

La théorie de l’évolution a changé le regard de la société de l’époque sur ces animaux, vus alors comme proches des humains et lointains cousins. A vrai dire les singes ont fait partie du bestiaire artistique depuis l’Antiquité mais avec des images diverses, tantôt animaux maléfiques, tantôt joueurs, ou drôles, parfois habillés en Hommes et permettant de dénoncer les actions de ses derniers.

On les a trouvés dans les « singeries » des châteaux « singeant » la noblesse (Chantilly) , des lieux religieux, sur des estampes, dans des fables, parfois petits, parfois énormes, … Au 19e siècle, ils fascinent petits et grands.

Ils sont animaux, bruts, parfaits mais avec des yeux expressifs, des yeux d’Homme sous leur fourrure. Ou gorilles dont les pulsions les poussent à enlever les femmes tels de nouveaux centaures ! Gare au gorille, non ?







Les formes naturelles nous mènent aussi à travers l’exposition à les retrouver dans l’architecture et les arts de l’époque : des formes inspirées des coquillages au vase Gallé inspiré par l’eau. On peut penser aussi aux stations de métro de style Guimard et leurs décors floraux.



Galathée, Gustave Moreau


Vous aurez plaisir aussi à redécouvrir les grandes œuvres inspirées par la nature avec -dans le désordre et au fil de mes coups de cœur- , une superbe huile de William Turner, un moulage de Dodo, la femme poisson de Rodin, des représentations de coraux et coquillages en peinture un exemplaire des Nymphéas de Monet…


La dernière salle et la conclusion de l’expo est à ne pas rater ! Magnifique ouverture sur la place de l’Homme au XXe siècle et les interrogations des artistes avant ce siècle de chaos.





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